Besançon : un millier de manifestants contre la « dictature sanitaire »
15 juillet 2021
Toufik-de-Planoise (48 articles)
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Besançon : un millier de manifestants contre la « dictature sanitaire »

Ils étaient près d’un millier d’opposants réunis ce mercredi 14 juillet à Besançon, dans le cadre d’un mouvement national de grogne le plus souvent horizontal et spontané. La pluie battante n’a ainsi pas découragé la venue de contingents originaires de toute la Franche-Comté, résolus à exprimer leur hostilité aux mesures sanitaires annoncées lundi. Une litanie de craintes et de critiques, parfois couplées à des visuels faisant l’analogie avec la seconde Guerre Mondiale. Après un défilé dans la vieille ville, les participants se sont heurtés aux barrages policiers au niveau de la Préfecture.


Un discours qui fait l’unanimité.
Malgré la météo désastreuse, l’affluence était notable. À Besançon, Révolution n’avait pas connu une telle effervescence depuis longtemps. Ils étaient 850 participants selon nos estimations, jusqu’à 1 000 d’après certains organisateurs. Beaucoup de familles venues de toute la région, une flopée de jeunes urbains, pas mal d’anciens gilets jaunes, mais aussi du personnel soignant, jusqu’au clergé à l’instar d’un prêtre de passage. Les 3/4 sont des « nouvelles têtes », peu habituées des mouvements sociaux. Tant le nombre que la mixité rappellent un certain 17 novembre 2018.

Presque tous se sont décidés le lundi soir, après l’allocution du président Emmanuel Macron. Et c’est, évidemment, les mesures sanitaires qui cristallisent la colère d’une majorité d’entre eux. « Je ne suis pas contre les vaccins. Mais je trouve que les restrictions annoncées sont insupportables. Chacun devrait pouvoir avoir le choix sur ces sujets, sans devoir se le voir reprocher. Après une gestion de crise calamiteuse, c’est un véritable chantage qui s’instaure… et comme d’habitude, c’est marche ou crève » précise ainsi Christophe, résident du Haut-Doubs.




« Cracher à la gueule de tous les déportés. »
Mais d’autres ne font pas mystère d’opinions plus tranchées, considérant que le remède serait pire que le mal. Manque de recul, évaluations douteuses, visées purement mercantiles, voir poison administré pour contrôler et réguler les populations, les allégations de ce genre ne sont pas rares. Et les parallèles avec la seconde Guerre Mondiale non plus. Ils sont ainsi plusieurs dizaines à arborer une « étoile jaune », symbole des persécutions antisémites sous le III Reich. Une pancarte indique aussi « à quand les ghettos ? » quand une chasuble incorpore « l’ananas » de Dieudonné.

Ces illustrations sont toutefois loin de faire l’unanimité, même dans les rangs des opposants. « Je suis d’origine Tzigane, donc je connais le poids des mots utilisés. Rapprocher sous quelque forme la solution finale à ce qu’il se passe aujourd’hui, c’est cracher à la gueule de tous les déportés. Ces gens là devraient lire quelques bouquins sur la Shoah et les camps de concentration, avant s’en réclamer abusivement. Je suis ici ce soir pour protester contre le pass sanitaire, mais à aucun moment je ne m’associe à ce genre de propos dégueulasses » assène Alex, un jeune bisontin.




Manifestants et uniformes se font face.
Autres griefs développés par plusieurs orateurs, la casse du service public en particulier des hôpitaux et les réformes portant sur le système des retraites et l’assurance chômage. « La marmite sociale bouillie depuis déjà un moment, là il faut que ça répète un bon coup pour que le message passe là-haut » synthétise Mireille, la soixantaine. La pluie n’a donc en rien refroidi l’ardeur des protestataires, qui actent un départ en cortège nocturne. Banderoles contre le « Macronavirus » et parapluies investissent les rues du centre historique, direction la Préfecture du Doubs.

« Liberté, Liberté, Liberté ! », chant des Partisans, et autres Marseillaises, parviennent jusqu’aux portes de l’institution laissée vide… ou presque. Un escadron de gendarmes mobiles en interdit en effet toute approche, donnant lieu à un face-à-face parfois vif mais stable avec les plus téméraires. Si certains espèrent le dialogue et le ralliement des forces de l’ordre, d’autres s’en sont tenus à répéter « police partout, justice nulle part. » Après avoir fait le tour côté Chamars en obtenant le même statut quo, la foule s’est finalement dispersée dans le calme autour de 22h00.


Revoir la vidéo enregistrée en direct de la manifestation :

Toufik-de-Planoise

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