Pass sanitaire : plus de 10 000 opposants en Bourgogne/Franche-Comté
8 août 2021
Toufik-de-Planoise (61 articles)
Share

Pass sanitaire : plus de 10 000 opposants en Bourgogne/Franche-Comté

Quelques 5 600 comtois et 5 300 bourguignons ont battu le pavé ce samedi, soit plus de 10 000 contestataires sur toute la grande région. Alors que les mesures gouvernementales apparaissent définitivement validées, l’expression de cette fronde inédite persiste à minima dans les rues. Partis politiques, syndicats de travailleurs, et corps professionnels, rejoignent également peu à peu le mouvement, actions et grèves se succédant à l’approche de la rentrée. À Besançon les chiffres sont restés stables, le cortège ayant réuni environ 3 000 personnes. Mais la stratégie se durcit, l’occupation de la principale gare de la cité étant le premier jalon d’une trajectoire assumée


Les huit départements touchés.
Si les trois métropoles régionales concentrent l’essentiel des troupes présentes (3 000 à Besançon, 2 000 à Dijon, 1 500 à Belfort-Montbéliard), de nombreuses autres localités sont désormais pleinement concernées (1 000 à Auxerre, 700 à Chalon-sur-Saône et Nevers, 500 à Lons-le-Saunier, 300 à Autun, 250 à Dole et Mâcon, 200 à Saint-Claude et Sens, ou encore 150 à Vesoul et Montceau-les-Mines). En Bourgogne/Franche-Comté comme sur l’ensemble du territoire, le prolongement de colère s’est transformé en démonstration populaire. Ni la période estivale ni la pluie battante n’ont découragés les opposants, deux jours avant l’entrée en vigueur du pass sanitaire.

Dans la capitale comtoise, les chiffres restent à peu près constants. Ils diminuent légèrement selon nos estimations (3 500 à l’édition du 31 juillet dernier), mais sont inchangés suivant les autres protagonistes (2 500 d’après la Préfecture, près de 4 000 pour les organisateurs). Les participants rencontrés sont toujours autant déterminés à exprimer leur rejet des ordonnances envisagées, espérant pouvoir changer la donne malgré l’avis favorable du conseil constitutionnel. « Il faut continuer à se battre, surtout avec l’application imminente. À Moscou, même si le contexte est différent, un protocole similaire a été abandonné au bout de trois semaines » explique l’un d’eux.




Vers la radicalisation du mouvement ?
Coté parcours et objectifs la situation a bien évoluée, le simple défilé s’étant mué en un ciblage précis afin de peser plus lourdement dans le rapport de force. Le cortège a ainsi coordonné la prise de la gare de Besançon-Viotte, dont les bâtiments, quais, et voies, ont été brièvement occupés. Si l’opération est demeurée festive et n’a duré qu’une vingtaine de minutes, le trafic ferroviaire a été un temps neutralisé. Ces velléités sont parfaitement assumées, plusieurs prises de parole exhortant d’ailleurs à « réfléchir collectivement pour entreprendre les actions les plus symboliques et pratiques, notamment celles à même de bloquer concrètement et durement l’économie. »

Avec les pôles administratifs transformés en camps retranchés, l’interruption des transports publics urbains, et les répercussions commerciales sur les cœurs de ville, le mot paralysie prend alors tout son sens. Autre progression aussi notable, celle du port d’équipements de protections individuelles (en particulier lunettes de piscine et masques à gaz). Si la fin de cortège est restée paisible jusqu’à la dispersion vers 17h30, les éventuels débordements et affrontements sont désormais sérieusement considérés. Contrairement aux fantasmes dessinant des hordes de « black blocs », il s’agit là surtout de « citoyens moyens » mais décidés à se saisir des outils leur permettant de résister aux assauts.




Un devenir incertain.
Pendant que la vaccination est majoritairement plébiscitée par la population, les mesures restrictives annexes n’en finissent plus de cumuler les insatisfactions, critiques, et dissonances. Les fleurons hospitaliers sont récemment devenus des épicentres du débat, à l’instar des sites de Trévenans, Lons-le-Saunier, et Saint-Claude, dont une partie du personnel est en grève depuis le 5 août dernier. Après des mouvements sporadiques à partir du 29 juillet dernier, ce lundi c’est le reste du pays qui suit à l’appel des syndicats FO, SUD, et CGT, dont au CHRU Minjoz. Une position vindicative qui pourrait toucher d’autres corporations, les revendications se multipliant en ce sens.

Blouses blanches, pompiers du SDIS, tenanciers et petites mains des secteurs de l’hôtellerie et de la restauration, jusqu’aux acteurs du commerce, de l’artisanat, ou de l’événementiel, pourraient encore grossir les rangs du mécontentement. Partout en France, nombre de structures et organisations en la matière commencent à taper du poing sur la table. Pour les opposants comme les pouvoirs publics, une date-butoir est maintenant dans toutes les têtes : la rentrée de septembre. Entre sursaut et essoufflement, difficile de prédire quelle sera la suite des événements. À huit mois des prochaines élections présidentielles, le climat social ambiant est plus que jamais impétueux.


Toufik-de-Planoise

Toufik-de-Planoise

Un Ours qui parle, et qui écrit aussi.