20 décembre 2017 Share

L’échec des autorités dans l’opération de « sauvetage » des vaches de St-Vit

Ça aurait pu être une belle histoire de sauvetage d’un troupeau de vaches maltraités par leur propriétaire. Ça aurait pu donner confiance à nouveau dans l’être humain. Après des années de torture sur des animaux qui n’ont rien demandé, on aurait pu parler de la belle histoire de fin d’année. Mais la Préfecture du Doubs en a décidé autrement.

Nous avions parlé de cette histoire de détresse animale de Saint-Vit, ou un « éleveur » avait laissé à l’abandon son troupeau de vaches il y a quelques jours. Il n’avait plus assuré le suivi médical à une grande partie d’entre elles et en plus de cela, il ne les nourrissait plus.

Le vaches mourraient une par une dans le pré, dans l’indifférence de leur propriétaire. Il a fallu l’intervention des passants et des associations de défense animale pour mettre un terme à cette souffrance. Les autorités une fois mises au courant, on promis la délivrance de ces animaux. La fondation Brigitte Bardot, avait tout mis en place pour récupérer le cheptel, dans des conditions difficiles, dû à la fièvre bovine qui a mis toute une région en quarantaine.

Et c’est là que les choses ont dérapé. La préfecture du Doubs, en charge du dossier, a fait croire à la fondation Bardot qu’il y avait une solution « humaine » à tout cela. La fondation devait prendre en charge l’ensemble du cheptel et offrir une vie meilleure à ces animaux martyrisés par la bêtise humaine. Une solution vivement applaudie par l’ensemble des associations et des défenseurs des animaux. Mais, changement de plan, 2 jours avant le transfert vers des lieux sûrs de quarantaine, nécessaire pour éviter toute propagation de la fièvre bovine.

Sous la pression de la chambre des agriculteurs, la Préfecture a décidé la mise à mort de 200 vaches « à valeur bouchère », donc en bonne santé et seulement 60 vaches transférées vers la fondation Bardot. Seule explication donnée par les associations, car les services de communication des autorités ont eu ordre de ne rien communiquer malgré nos appels, était la manne financière que cela pouvait dégager. Une fois de plus, la cruauté humaine a pris le dessus et transformé une belle fin d’histoire dans un massacre à grande échelle.

« Un coup de poignard dans le dos » pour la fondation Brigitte Bardot qui sous pression, voir menace de ne plus recevoir les dernières rescapées de cette terrible situation, a du se résigner à un communiqué ou elle dénonçait le « scandaleux revirement et l’échec de l’opération délicate rendue possible grâce à un élan de solidarité local et aux moyens financiers engagés par la Fondation ».

Sur le terrain, des militant.e.s ont du batailler avec le mauvais temps et les autorités pour retarder le départ des camions vers l’abattoir, sans un réel succès si ce n’est que d’alerter l’opinion publique sur la situation.

Des images de vaches en sang, tuées à coup de fusil ont fait surface suite à cette journée noire pour le troupeau, ce qui montre bien que la mise à mort n’a pas été faite de façon générale dans le respect du bien-être des animaux. Nous avons choisi de ne pas publier ces images, car trop insoutenables, même pour les personnes non sensibles à la cause animale.

C’est la triste fin de l’histoire que nous avons essayé de relayer au mieux possible. C’était aussi occasion de prendre conscience du fait que les éleveurs se retrouvent de plus en plus en difficulté dans leur métier et que peut-être, on pourra voir ce métier évoluer vers une réglementation plus stricte quand aux personnes qui traitent avec la vie et le bien-être des animaux. Ce monde merveilleux ou les animaux ne sont plus consommés, ne semble pas être proche, mais grâce aux associations et aux personnes qui militent sur la question, on peut espérer que ce genre de situation n’arrive plus à l’avenir.

 

- Journaliste indépendante.