Besançon : une mobilisation de soutien aux « Soulèvements de la Terre »
Alors qu’une bataille politico-judiciaire est désormais engagée entre le collectif écologiste et le Gouvernement, cent-cinquante rassemblements étaient enregistrés suite à l’annonce ministérielle de cette dissolution administrative. Pour les participants, l’occasion de défendre fermement la liberté d’association, de rappeler l’urgence des enjeux climatiques mais aussi d’exprimer sa solidarité après les coups de filet policiers ayant parallèlement visé des militants. En Franche-Comté, outre Saint-Claude, Montbéliard et Lons-le-Saunier, un appel était aussi lancé sur Besançon.
.
.
« On ne dissout pas un soulèvement. »
Si l’émanation locale des Soulèvements de la Terre n’est intervenue que le 19 avril dernier, la présence de cette synergie avait déjà été particulièrement visible le 27 mars 2021 concernant le projet d’urbanisation des Vaîtes. Une base philosophique prégnante, au point que sur place l’adjoint au Maire EÉLV Anthony Poulin a été titillé sur le sujet. Reste que la mobilisation du jour visait une autre priorité, ici l’annonce gouvernementale de dissoudre administrativement l’entité. L’appel a certes été lancé « à l’arrache et en ordre dispersé » nous confirme t-on, mais il a été entendu.
Une centaine de soutiens était bien là : associations environnementales, représentants politiques et syndicaux, membres d’organisations étudiantes, élus municipaux… dénonçant « cette atteinte sans précédents à nos droits les plus fondamentaux, alors même que l’urgence climatique est plus que jamais nécessaire. » La date ne se voulait pas massive, mais destinée à percuter les esprits. « Si on ne réagit pas maintenant il sera trop tard, le pouvoir criminalisera toute forme de contestation. » Au loin sur le pont ferroviaire de la ligne Besançon-le Locle, une banderole géante est dressée.
.
.
Un direct de France 3 Franche-Comté interrompu.
Dans le même temps, France 3 Franche-Comté organisait un plateau télévisé en direct sous le grand arche de la Cité des Arts… à quelques mètres du rassemblement, l’événement ne pouvait passer inaperçu. Les participants font irruption puis se dispersent autour du cadre avec pancartes et slogans, le journaliste Dominique Malige décidant d’interrompre la fin de ses échanges avec les chanteuses Ecco et Mélanie Gavand. Une situation visiblement grinçante pour l’animateur, alors que des invitées aux équipes techniques tout le monde tente de faire bonne figure.
« Cette journée était presque exclusivement consacrée à la fête de la musique, le thème est essentiel mais ça a relégué l’ensemble de l’actualité à quelques minutes d’antenne… sur des questions aussi cruciales que l’activisme écologique et la liberté de militer, les trente secondes prévues n’étaient pas à la hauteur. Donc franchement je ne vis pas cette venue comme un drame, loin de là » confiera même un membre du staff. D’autres références du média seront plus sévères sur les réseaux sociaux, comme Jérémy Chevreuil qui déplore l’incident jusqu’à le qualifier de « prise d’otage »
.
.