14 avril 2017 Share

Les 19 de la Saint Valentin … fin de l’histoire?

Suite à une série de rencontres entre la présidence de l’Université de Franche Comté, les divers représentants des étudiants et une partie des étudiants concernés par l’action de blocage du CA du 14 février, le Président de l’Université a tranché: il n’y aura pas de conseil de discipline.

Un communiqué envoyé ce jour détaille cette décision:

« Suite à l’événement du 14 février, jour où le Conseil d’Administration (CA) de l’université a été envahi par 19 personnes dont 16 étudiants de l’UFC, j’ai invité associations étudiantes et syndicats représentatifs de l’université à un dialogue social autour de différents sujets dont cet événement. Cinq réunions ont été organisées. J’ai souhaité ainsi écouter les différents points de vue et permettre le recul nécessaire pour prendre une décision aussi importante impliquant personnels et étudiants. »

Plus loin, le président cite l’article R. 712-102° du code de l’éducation en parlant de faits susceptibles d’entraîner des poursuites disciplinaires. De faits qui relèveraient « « … du régime disciplinaire prévu aux articles R. 712-9 à R. 712-46

2° Tout usager de l’université lorsqu’il est auteur ou complice, notamment :
a) D’une fraude ou d’une tentative de fraude commise à l’occasion d’une inscription, d’une épreuve de contrôle continu, d’un examen ou d’un concours ;
b) D’un fait de nature à porter atteinte à l’ordre ou au bon fonctionnement de l’université ».

Certes ce conseil disciplinaire pouvait être convoqué, sans pour autant avoir la certitude que cela pouvait engendrer des exclusions.

En tout état de cause, à ce stade, la présidence parle « de droit à l’erreur » et de souhait de préservation de l’avenir universitaire des étudiants et pour cause, il décide de ne pas convoquer le conseil de discipline :

« Pour ces raisons et considérant le droit à l’erreur, j’ai décidé de préserver l’avenir universitaire de ces étudiants et de ne pas saisir le conseil de discipline. D’autres sujets importants ont été discutés lors de ce dialogue social :

  • un besoin de formation pour les étudiants sur le fonctionnement de l’université
    et de ses instances a été exprimé,
  • un manque de visibilité des actions et décisions des conseils de l’université a été mis en évidence,
  • une meilleure considération des interventions des conseillers dans les instances a été demandée.é »

Le mot d’ordre c’est l’apaisement et il est spécifié qu’il serait « respectable que les organisations syndicales et les associations étudiantes témoignent de leur soutien à ces collègues qui ne demandent qu’à œuvrer au bon fonctionnement de l’université. »

Ce communiqué laisse un gout amer pour les étudiants concernés, d’une part pour le ton paternaliste employé, mais surtout, parce que à aucun moment il n’est fait mention de l’avenir des suites judiciaires engagées par une partie du personnel de l’Université, qui pèsent très lourd sur l’avenir des étudiants.

Il faut rappeler que des plaintes ont été déposées au commissariat de police et que désormais, l’affaire est aux mains de la justice. Des étudiants qui aujourd’hui, ne comprennent toujours pas comment on peut, d’un coté parler d’apaisement et d’avenir universitaire, alors que les suites judiciaires peuvent aller jusqu’à la peine de prison.

De plus, une partie des personnes accusées à tort de séquestration, n’ont pas souhaité donner suite à la demande de rencontre de la présidence.

 

Voici le communiqué officiel:

Courrier Président dialogue social 14 avril 2017 copy

Pour aller plus loin

Vidéo de l’arrestation des étudiants de la Faculté des Lettres

Témoignage d’une étudiante, membre du CA et présente lors du blocage du CA de l’Université de Franche-Comté

Les « alternative facts » de la conférence des présidents d’Université