31 août 2020
Toufik-de-Planoise (9 articles)
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Besançon : grève et mobilisation pour défendre les contrats jeunes majeurs.

Salariés des antennes de protection de l’enfance A.D.D.S.E.A. et A.H.S.-F.C., sections C.G.T., C.F.D.T., F.O., et centrale S.U.D./Solidaires, membres des collectifs SolMiRé, Vijie, de la L.D.H., de « Welcome Franois-Serre », représentants de Lutte ouvrière, du N.P.A., du Parti communiste, ou de la France insoumise, ont appelé à la grève et à la mobilisation ce lundi matin, afin de maintenir des « contrats jeunes majeurs » bénéficiant à des étrangers précaires. Rendez-vous était donné dés 09h00, au conseil général du Doubs.


« Si rien n’est fait, ils dormiront dehors. »
Ils sont une cinquantaine, massés devant les grilles du bâtiment. Chapiteau, pancartes, et gâteaux, accueillent les participants. Une délégation de quatre référents a été reçue à 10h00, sous l’égide la présidente « enfance-famille » Odile Faivre-Petitjean. « Il faut des décisions fortes très rapidement car ce soir ils sont à la rue ! » s’alarme Pascal Descamps, délégué C.G.T. de l’A.D.D.S.E.A. Les cas sont multiples et complexes, mais ici la majorité sont d’anciens mineurs isolés (M.N.A.) originaires de Guinée-Conakry.

L’objet de la discorde, c’est un courrier envoyé à une vingtaine d’entre eux demeurant dans des structures de Montbéliard et Besançon. En effet le document annonce dés ce jour la fin de leur prise en charge, qui se traduisait par un soutien concret en terme d’hébergement, de travail, et de dépenses courantes. La raison invoquée est la parution d’une « Obligation de Quitter le Territoire Français » (O.Q.T.F.), une mesure administrative d’éloignement parfois décriée par les militants des droits de l’Homme.

Contestable devant les juridictions dédiées afin de statuer définitivement sur le sort des concernés, le tribunal administratif de Besançon avait d’ailleurs déjà considéré en mars dernier qu’à ce stade une telle situation ne constituait pas un motif suffisant pour décider d’une rupture ou d’un non-renouvellement des aides. Les manifestants insistent aussi sur le contexte sanitaire inédit du printemps, confinement et report des formalités impactant significativement installation et démarches.


Le Département affirme « une responsabilité pleinement exercée dans le Doubs. »
Raphaël Krucien, élu d’opposition P.S., souligne « l’incongruité » de la décision. « Nous avons un budget excédentaire d’environ dix-neuf millions d’euros, l’argument économique ne pourrait pas tenir. Le groupe socialiste appuie les revendications, c’est-à-dire maintenir les contrats en attendant que les instances tranchent définitivement. » Les négociations ayant tournées court, à 17h00 les organisateurs se sont repliés à l’esplanade annexe de la Mairie où un campement de fortune a été érigé.

La Majorité municipale envisagerait une solution temporaire. Sur le fond le Département ne varie pas et avance « qu’aujourd’hui, parmi les vingt-huit majeurs âgés de 18 à 20 ans qui ne seront plus pris en charge, onze accèdent à l’autonomie et disposent de ressources et d’un logement. En revanche, dix-sept autres ne sont plus pris en charge car il y a absence de perspectives d’insertion du fait de l’O.Q.T.F. Ces contrats ont été prolongés exceptionnellement jusqu’au 31 août afin que les sorties soient préparées. »

Parmi ces derniers « certains vont bénéficier d’un hébergement via leur réseau personnel ou le réseau associatif, et les autres ont été invités à solliciter le dispositif d’hébergement pour adultes qui relève de l’État. » Le Département note globalement le concours apporté à « 389 M.N.A. dont 115 jeunes majeurs ex-M.N.A. avec une enveloppe de onze millions d’euros en 2020 », stipulant enfin que « les O.Q.T.F. et délivrances ou refus de titres de séjour relèvent de la seule autorité de la Préfecture. »

 

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