23 juin 2016 Share

Manifestations du 23 Juin

A Besançon


Les manifestations du 23 Juin débutent Place Pasteur. De 9 h à 16h, une votation citoyenne est mise en place.

” 2000 votes contre la loi travail cet après midi en quelques heures place Pasteur à Besançon, on avait préparé 2000 bulletins… Il parait que le mouvement s’essouffle… ” remarque Jean-Christophe Jacottot .”Je retiens parmi les bonnes rencontres ce chef d’entreprise :

“J’ai 300 employés, heureusement que j’ai un syndicat dans ma boite, ils m’engueulent quand je fais des conneries, on discute, je viens de remplacer 4 interims par 3 CDI, on négocie et tout le monde en sort gagnant, j’ai besoin d’un syndicat fort pour avancer dans les négociations…”

Cette femme aussi, je lui demande :

“Madame vous travaillez dans quelle branche ?”

“Commerce”

“Ok, il y a les élections TPE (Très Petites Entreprises) en fin d’année surveillez votre boite aux lettres, votez et votez bien”

“C’est pas une TPE… euh enfin si, mais c’est une enseigne nationale, le patron a créé 73 entreprises de moins de 10 salariés, j’ai 25 ans d’expérience dans la vente, j’ai jamais vu ça”…

23-Juin-2016-Manifestations-Besancon-Drapeau-CGT

La manifestation a donc prouvé que le mouvement ne s’essouffle pas à Besançon. José Aviles nous a donné son ressenti:

“On était 470 à manifester aujourd’hui et on est toujours dans le mouvement, on est toujours effectivement dans la contestation mais pas seulement ! On est vraiment dans la proposition d’avoir de nouveaux droits pour les salariés de ce pays. Je fais une petite parenthèse – vous ne m’avez pas posé la question mais je pense que vous alliez me la poser – au sujet des casseurs. Alors à Besançon, il n’y en a pas ; quand il y en a à Paris, je pense vraiment que le premier casseur c’est l’Etat : Quand il casse notre code du travail, notre protection sociale, nos conditions de travail, nos emplois, nos salaires (…) c’est lui, le 1er casseur ! Son désavantage, c’est qu’il n’avance pas masqué… On sait à qui on a à faire.”

La manifestation s’est arrêtée place Pasteur. Un stand de restauration et buvette était déjà installé

23-Juin-2016-Manifestations-Besancon-Barbecue-CGT

Nous avons profité pour parler avec Thibaut Bize, conseiller municipal au PC:

“Il y a 2 semaines de ça, tout le monde disait que le mouvement était essoufflé, qu’il était mort et puis la preuve que non ! On a fait une manif il y a 10 jours, place de la Révolution et on est plus nombreux aujourd’hui, je pense que le mouvement ne s’essouffle pas, bien au contraire ! Je pense que c’est plutôt en face (…) qu’ils sont en train d’utiliser tous les recours qu’ils peuvent, y compris les plus bas comme les menaces d’interdictions de manifestations, puis un retour en arrière, etc. je pense que ceux qui sont en difficulté aujourd’hui c’est pas le mouvement social, c’est le gouvernement. Le dernier qui a interdit une manifestation à Paris, c’était Maurice Papon qui n’était quand même pas une figure historique de la Gauche…”

23-Juin-2016-Manifestations-Besancon-CGT

Les Jeunes Socialistes du Doubs, pas contents

Dans un communiqué reçu à la rédaction, on peut lire:

“Les Jeunes Socialistes du Doubs regrettent que le gouvernement préfère privilégier l’image de la France à travers l’Euro de Football à la résolution du conflit social actuel. Le droit de manifester est un droit inaliénable et l’un des piliers de notre démocratie, il est donc intolérable de l’interdire. Nous rappelons que les violences causées lors des précédentes journées de mobilisations sont l’œuvre d’une minorité de personnes dont le seul but est de nuire au mouvement social.

Nous exigeons aujourd’hui le retrait de cette interdiction, la liberté de manifester devant être assurée coûte que coûte, qui plus est par un gouvernement de gauche. La répression du mouvement social lié directement à la lutte contre la loi travail est scandaleuse et d’un autre temps.

Les Jeunes Socialistes du Doubs réaffirment également leur position contre la loi Travail et en demandent toujours le retrait. Ce texte d’inspiration libérale est contraire aux valeurs de gauche et à son ambition de progrès social et de partage le temps de travail.

Ainsi, nous nous indignons face à la répression sociale contre des milliers de femmes et d’hommes, actif-ves, chômeur-euses, précaires, travailleur-euses en devenir qui n’aspirent qu’au progrès et à la justice sociale. Nous serons donc ce jeudi dans les rangs de la manifestation bisontine !”

 

A PARIS


La manifestation de Paris a donné lieu à un vrai cafouillage au sein du gouvernement. Un souhait d’interdiction de la part de l’exécutif – un rappel de sombres moments, pour certains – et pour finir une décision d’interdiction du préfet de police de Paris. C’était sans compter sur la décision contraire – après changement du trajet de la manifestation – du ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve.

nasse geante

Un trajet qui s’apparente à une manifestation … statique. En somme, le trajet étant petit, les manifestants ne pouvaient que rester sur place. Ce qui n’a pas échappé à des dessinateurs de presse:

Cette façon de manifester a été vécue comme une nasse géante créée par la police. Police qui n’a pas lésiné sur les interpellations . Professeurs, journalistes, et autres manifestants se sont fait arrêter arbitrairement, pour le simple fait d’avoir des lunettes de protection contre les gaz lacrymogènes.

Voici le récit des manifestants du syndicat SUD PTT Hauts de Seine:

Des journalistes se sont aussi retrouvés au poste. Notre confrère Gaspard Glanz (de Taranis News, qui suit toutes les manifestations depuis le début) et Alexis Kraland, tous deux journalistes indépendants, se sont fait arrêter sur le chemin. L’infraction retenue a été : “Attroupement en vue de commettre un délit”.

Au final, entre 20 000 et 60 000 personnes ont manifesté à Paris. Pour Philippe Martinez, CGT “C’est une victoire pour les syndicats et pour la démocratie”. La sécurité a marqué aussi Cécile Duflot : “Ils ont quand même un peu disjoncté”.

Ce qu’il en reste de cette manifestation, c’est le désir de continuer la lutte pour les syndicats, étudiants et comités des Nuits Debout. Une lutte qui continuera même au mois de Juillet d’après des sources de la CGT.